Covid-19 exige: les vols vers nulle part sont devenus tendance

Avec les avions cloués sur le tarmac, les compagnies aériennes font preuve d’une ingéniosité sans bornes pour pouvoir atténuer leurs pertes, notamment avec les vols vers nulle part. Cette tendance née en Australie fait le bonheur des voyageurs en manque d’avion, mais révolte les écologistes.

Des vols vers nulle part, dites-vous ?

La pandémie de Covid-19 a décidément chamboulé le monde. Maintenant, il est possible d’embarquer à bord d’un avion depuis un aéroport et d’y atterrir quelques heures plus tard après une petite escapade dans les airs. Tel est le concept de ces fameux vols vers nulle part qui font actuellement fureur. Cette tendance vient d’Australie. En à peine 10 minutes, la compagnie australienne Qantas vend la totalité de ses 134 billets pour un vol depuis Sydney à destination… de Sydney prévu pour le 10 octobre 2020.

Les passagers n’ont pas lésiné sur le prix du vol et ont déboursé entre 500 et 2 300 euros. Effectué à bord du Boeing 787-9, ce vol vraiment pas comme les autres leur a permis d’admirer autrement quelques attractions touristiques du pays continent, dont le rocher sacré d’Uluru et la Grande Barrière de corail. Pour se rapprocher au plus près de ces sites remarquables du Queensland et du Territoire du Nord, l’avion a réalisé des survols à basse altitude.

D’autres vols pour nulle part inspirés du modèle taïwanais

Pour marquer d’une pierre blanche le 50e anniversaire d’indépendance des Fidji, la compagnie Fidji Airways a affrété pour l’occasion l’Airbus A350-900 pour un vol vers nulle part depuis l’aéroport de Nadi. Il embarquait à son bord une soixantaine de passagers pour un vol d’une durée de moins de deux heures. L’avion a pu survoler la capitale Suva avant de dessiner le nombre 50 dans le ciel. Le bénéfice généré par ce vol insolite est reversé au Fidji Cancer Socieatey, une organisation caritative qui lutte contre le cancer.

De son côté, le Royal Brunei Airlines embarque les passagers pour une croisière aérienne au-dessus de l’île de Bornéo. La compagnie japonaise All Nippon Airways a pour sa part repris la route pour Hawaï et ses îles fin août, pour revenir à son point de départ, à Tokyo. Il s’effectuait à bord du A380 pour une durée de 90 minutes. La compagnie EVA basée à Taïwan s’adonne aussi au jeu et propose des vols vers nulle part à bord d’un jet à l’effigie du personnage Hello Kitty, ce chat blanc reconnaissable à son nœud rouge à l’oreille.

Cette nouvelle tendance voit le jour en Taïwan. En juillet, la compagnie China Airlines met en place de faux vols. Les passagers se sont soumis au protocole habituel comme les contrôles des passeports ou des cartes d’embarquement. Mais cette fois-ci, après que les passagers aient bouclé leur ceinture et les consignes de sécurité retransmises, l’avion n’a pas quitté le sol… Vous trouverez d’autres informations sur ces vols sur voyageva.com.

Une démarche citoyenne ou une aberration environnementale ?

Chaque fois, ces vols vers nulle part ont rencontré un grand succès. Pour certains voyageurs qui n’ont pas pu quitter le sol depuis des mois, embarquer à bord d’un avion est devenu un vrai besoin que satisfont ces vols atypiques. Acheter un billet vers nulle part, c’est aussi pour eux une manière de soutenir le tourisme, un secteur particulièrement touché par la crise économique, et surtout les compagnies aériennes et ses salariés. Reprendre les commandes des avions pour quelques heures est une occasion pour les pilotes de continuer à s’exercer.

Si ces voyages vers nulle part évitent d’envoyer en chômage technique les équipages, ils n’en demeurent pas moins polluants et seraient absurdes. Partir d’un point A pour y revenir et ainsi gaspiller des ressources importantes juste pour atténuer la nostalgie des voyages sont des faits qui sidèrent les défenseurs de l’environnement. Dans le monde d’avant Covid-19, le secteur de l’aéronautique – et plus particulièrement les vols commerciaux – était déjà pointé du doigt. Ils auraient émis en effet 918 millions de tonnes de CO2 en 2018. Ce chiffre correspond à 2,4 % des émissions de gaz à effet de serre au monde. Pour calmer les écologistes, Singapore Airlines a annulé ses vols inutiles tandis que Qantas réfléchit à une compensation des émissions carbones inhérentes à ces vols vers nulle part.

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